Entre culturas en Gran Canaria

Entre Europa y África

Entre Europa y América

Entre Flamenco y Merengue

Entre urbanización y grandes espacios

Entre volcan y océano

Entre calor y frío

Entre bajadas y subidas escarpadas

Bienvenido en Gran Canaria !

Bienvenue sur un caillou émergé de l’océan Atlantique au large du Maroc, bienvenue aux îles Canaries !

Depuis toujours ces îles attirent les voyageurs. Les premiers explorateurs européens les appelaient « les îles fortunées », accessibles après avoir échappé aux pirates, aux corsaires en quête d’esclaves ou aux cargaisons de caravelles de Colomb qui y  faisaient escale en son temps.  Aujourd’hui, c’est une terre dont beaucoup rêvent : émigrés africains, touristes européens, jeunes diplômés « digitals nomads » et maintenant le bikepacker à la recherche de nouveaux terrains de jeu. 

Changement de plan forcé avant de venir pour moi, la dizaine de jours prévue pour découvrir les îles canariennes à vélo a été réduite à une poignée de journées à cause d’un genou douloureux.  

Je choisis de découvrir Gran Canaria, destination touristique majeure en Europe. Ces 5 millions de visiteurs annuels se concentrent sur les plages du sud, une bénédiction pour celui qui souhaite s’écarter des routes côtières à vélo, beaucoup moins nombreux sont ceux qui s’aventurent sur les pentes volcaniques culminant à près de 2000 d’altitude, parfait pour la découverte à vélo. Découvertes au pluriel car si l’île semble petite sur le papier, c’est une terre de contraste dans ses ambiances, ses paysages, ses climats ou encore ses habitants. Gran Canaria est surprenante de diversité. Déclarée Réserve de la biosphère mondiale par l´Unesco, c’est un paradis fantastique de nature qui possède également un important patrimoine historique, culturel et artistique. Bref, un grand week-end sera pour moi bien court pour la parcourir !

Je passe peu de temps dans la « capitale » Las Palmas. Grande ville tranquille, port important,  belles plages. Seul point intéressant à mon avis, la visite du centre historique et de la Casa Colón, où on peut en apprendre sur les escales de Colomb vers les îles d’Hispaniola (qu’il  croyait être les Indes), et sur l’histoire des indigènes canariens emmenés de force dans son sillage « peupler » le nouveau continent.

Sur le vélo, après un premier après-midi à grimper les petites routes de l’île, j’arrive à l’auberge Finca Isa à Tejeda. Ambiance ancienne ferme et magnifique coucher de soleil sur les paysages escarpés volcaniques.

Un des grands avantages de l´île pour le tourisme est son climat printanier toute l’année, 18°la nuit et 25° en journée, la plupart du temps ensoleillé… sauf pendant mon séjour où la pluie est annoncée ! Elle peut être soudaine et intense, les routes sont alors volontiers fermées, les panneaux au bord de la route sont là pour le rappeler. Prudence donc sur un territoire que je ne connais pas.

Après un doux réveil en montagne, la journée est consacrée à une descente hors macadam. Le chemin se fait par des superbes pistes et singles au milieu d’une végétation fournie. C´est l´occasion de découvrir quelques-unes des nombreuses cuevas aborigènes, grottes des premiers habitants de l’île, les Guanches. Je m’arrête au village niché à flanc de montagne d´Artenara où il y a évidemment une fête (on est en Espagne quand même !), la fiesta de las tradiciones. La fusion ethnique, les couleurs, les chants me transportent en Amériques, cela me rappelle les bords du lac Atitlán, au Guatemala. Si petite, Gran Canaria transporte et fait voyager ! 

Le portage pour pénétrer la vallée me fait tout de même pester. C´est raide et étroit ; il faut donc retenir le vélo de 25 kg qui ne cherche qu´à partir dans la pente, doit-on d’ailleurs encore parler de portage ? Après une petite heure à pied, j’arrive à une plantation de café. La richesse et la variété des fruits et légumes me fascinent : avec son origine volcanique et ses températures douces, tout, absolument tout pousse ! Tout en restant une production artisanale, il y a de tout pour « consommer local ». Ce que j’apprécie le plus, ce sont les étals de fruits, où se côtoient pommes, poires, bananes, mangues, pitayas, papayes, ananas, avocats, myrtilles et châtaignes ! En dehors du thé et du cacao que je n’ai pas vu, on peut tout trouver et déguster… Quelle chance pour les habitants de l´île ! 

J’arrive vers le petit port de pêche d’Agaete, tout tranquille, authentique, et très loin du tourisme de masse. II fait bon se détendre à la terrasse des cafés de la place centrale, regarder la vie locale canarienne en savourant les papas antiguas sauce Mojo, pommes de terres locales cuites à l’eau de mer, accompagnées d’une sauce locale également !

Après une nuit à la Casa Calma, petite auberge de jeunesse au centre d’Agaete, je repars longer la route côtière, puis mon itinéraire bifurque, je traverse le parc naturel de Tirma. L’intérieur de l’île, ce sont des pentes sur des pistes souvent très raides, 10, 12, 15% ou plus. Dur, dur ! Après à peine quelques kilomètres de pistes forestières, je me retrouve seul au monde. Heureusement prévenu, j’avais de l´eau en quantité : l’intérieur de l’île n´a ni source, ni cimetières, ni petit café qui va bien pour remplir les bidons… 

Retour à Tejeda et nouvelle nuit à la Finca. Je ne pourrais me lasser du coucher de soleil sur les nuages au-dessus de l’Atlantique, d’où émerge le cône volcanique du Teide de l’île voisine, Tenerife.

Le quatrième jour est une montée au sommet de l’île, le Morro de la Agujerareada (1960 mètres). Trois quarts d’heure de montée au petit matin, sur une route en bon état ; merveilleux souvenir du lever de soleil sur une mer de nuages, avec cette impression d’être seul au monde (avec mon vélo). La longue descente jusqu’à Las Palmas se fait en deux heures, pause tortilla incluse. Entre gravel et route, j’ai l’impression d’être sur un toboggan géant, elle est longue, étroite, tortueuse et surtout très pentue… bien content de ne pas avoir à la monter !

Dernière nuit dans la capitale dans la Casa Andrea, maison bourgeoise canarienne, d’un autre temps. Merci Miguel pour la flexibilité que tu as montrée envers un voyageur à vélo !

Au total : 4 petites journées de vélo pour environ 250 km de routes et pistes

Commentaires et conseils :

Malgré les nombreux loueurs de vélos sur l’île, je préfère toujours emporter mon vélo. Les vols vers les Canaries depuis l’Europe sont fréquents et peu chers, extra pour le vélo chez Iberia +40€/trajet.

L’asphalte des routes est parfait, le trafic léger et les voitures respectueuses des cyclistes.

J’avais avec moi mon équipement bivouac que je n’ai pas utilisé. Les nuits à l´extérieur sont possibles même si elles sont interdites. J ́ai passé toutes mes nuits en auberges de jeunesse qui sont présentes dans chaque village et bon marché (entre 20 et 30 euros): Finca la Isa à Tejeda, Casa Calma à Agaete, Casa Andrea à Las Palmas, Refugiocelle avant la descente.

Mes inspirations pour ce week end, un grand merci à vous !

https://granguanche.com

https://www.instagram.com/abadam79/

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Croquette
Croquette
5 months ago

Bravo Davy pour ce périple ! Ça donne envie de découvrir cette île